Les élèves de spécialité de terminale one eu la chance de rencontrer et de travailler avec Justine Defauwe, assistante-monteuse et monteuse-son. Justine est venue au lycée pour présenter aux élèves son parcours et son métier, le tout illustré par des extraits de films sur lesquels elle a travaillé l'ambiance et les bruitages.
L'atelier s'est ensuite déroulé sur trois heures, au cours desquelles les élèves, répartis en binômes, ont été amenés à réfléchir et à faire des choix de sonorisation d'un film muet de 1914 de Maurice Tourneur, intitulé Figures de Cire. Chaque binôme s'est vu confier un fragment d'une minute et vingt secondes environ. Un petit défi quand on sait le temps que peut prendre pour une professionnelle un travail très pointu de sonorisation! Mais les élèves ont joué le jeu, et après l'écoute et une sélection de sons fournis par Justine, ils se sont attachés à rendre l'ambiance de peur véhiculée à l'origine par ce petit film, en jouant sur ce que pouvait apporter le son.
À la suite de l'atelier, les élèves ont rédigé des synthèses de cette rencontre, qu'ils intégreront à leur dossier de fin d'année, qu'ils présenteront à l'oral de leur baccalauréat. Marine nous propose de découvrir ce que cet atelier a apporté, et les choix réalisés pour la sonorisation du fragment dont elle avait la charge avec Yann.
"Lors des séances
autour de la sonorisation, nous avons appris à accorder l’image à
un son externe, et ainsi à faire attention aux détails, mais
surtout à apporter une profondeur dans le travail du son, pour notre
projet final de fin d’année.
J’ai notamment
retenu qu’il n’était pas nécessaire d’utiliser le son exact,
c’est-à-dire que l’on peut utiliser un extrait qui se rapproche
ou ressemble à un autre. Par exemple, un bruit de bois qui tombe
peut être utilisé pour une chaise qui tombe, ce n’est pas le même
objet mais cela s’y apparente ; ainsi avec de l’imagination,
on peut vraiment s’amuser avec les sons au montage. De plus, on
peut utiliser un son provenant d’un autre film, ce qui ajoute des
références à notre œuvre : étant donné que notre projet
final regroupe trois films, on pourrait peut-être reprendre des
sonorités de ces derniers.
Nos intentions
lors de la sonorisation de l’extrait ont été de représenter le
mouvement, notamment le mouvement de tissu ;
c’est ainsi que nous nous sommes focalisés sur cet aspect, en
portant notre attention aux détails tels que les vêtements, la
nappe etc. Tout en travaillant sur les bruits importants, ceux qui
sont les plus apparents à l’image.
Autres que les
mouvements de tissus, qui furent les « piliers » de notre
sonorisation, nous avons notamment travaillé les bruits « de
bois » (chaise, table, mannequin…). Et nous trouvons ainsi
que la scène où le personnage se lève et se rassied plusieurs fois
fut bien réussi ; nous y avons passé du temps pour s’assurer
que ces bruits, aussi insignifiants soient-ils, aient du sens dans
notre sonorisation.
J’aurais
souhaité travailler les bruits de pas notamment, bien que
l’intervenante nous ait avertis que cela est particulièrement
complexe ; en effet, cela donne l’impression qu’il « manque
quelque chose » lorsqu’on voit des personnages marcher,
danser… Tel un vide. J’aurais également amélioré la scène où
des personnages dorment puisque je trouve que c’est la partie la
moins réussie de notre extrait avec le bruit de ronflement qui ne
colle pas tout à fait à ce que nous avions imaginé.
Ainsi, cela nous
a apporté un nouvel aspect que je n’avais pas travaillé
auparavant concernant notre projet final ; en effet, j’ai
pensé apporter une dimension onirique avec le son ! Étant
donné que notre projet ne se passe pratiquement que dans un rêve,
on pourrait faire cette distinction avec un travail de son presque
« irréel » en enlevant ou en ajoutant des bruits avec
des effets lointains, étouffés… De plus, comme énoncé
précédemment, nous pouvons nous servir de nos trois films, Marie
Antoinette, Pearl et Tomb
Raider pour ajouter du son,
peut-être des voix étouffées de nos personnages, qui parleraient à
Elizabeth comme pour la guider."