Des séries, une exposition, des ateliers... L'édition 2026 de Séries Mania à Lille a été pour les élèves une très belle expérience. La diversité des séries (britannique, japonaise, espagnole) a donné la possibilité de découvrir des univers très différents, et de rencontrer des créateurs passionnés et passionnants.
Au retour de ces journées, les élèves étaient invités à rédiger un bilan de ce qu'ils ont vécu. Et l'une des contraintes était de scénariser et de romancer la visite de l'exposition du Tri Postal! Vous trouverez ci-dessous un petit aperçu de la richesse du regard porté par les élèves sur ce moment singulier de cette sortie pédagogique, ainsi que l'originalité des traitements proposés.
Mes amies et moi, on adore le
paranormal, on fait beaucoup d'urbex et on aime aussi regarder des
films d'horreur. Et puis un jour, une femme âgée nous a demandé un
service alors que l'on se baladait dans le parc. Elle avait entendu
des bruits étranges provenant d'un manoir. Il est assez vieux et
beaucoup de personnes disent qu'il est hanté. Nous n'avons pas eu
peur et avons accepté dans hésiter. Quand nous sommes arrivées,
elle nous a dit d'y entrer, et bizarrement, elle a insisté pour
passer en dernière...
Nous sommes donc rentrées et avant
même d'avoir pu faire trois pas, la porte se referma d'un coup sec.
Quand nous nous sommes retournées, la vieille femme avait disparu...
Nous avons jeté un œil aux alentours, perplexes et assez confuses.
En se rapprochant d'un mur, nous avons lu « Même pas peur ».
Qu'est-ce que ça voulait dire ? On a continué d'avancer, il
faisait assez sombre... Et puis nous sommes arrivées dans une pièce
assez petite. Des dates étaient inscrites sur le sol : « 1970,
1980, 1990, 2000, 2010... » et tant d'autres. Nous ne nous
sommes pas vraiment posées de questions... Il y avait aussi des
explications sur des monstres et des films d'horreur. Nous avons
juste continué...
La pièce dans laquelle nous nous
trouvons actuellement est, comment dire, surprenante, horrible,
atroce... Un lavabo, un miroir... et du sang partout... La moitié
d'un bras est posé sur le bord de l'évier. Cela me donne la nausée.
Quelle atrocité...
Nous nous sommes toutes regardées et
avec effroi, nous avons réalisé quelque chose... nous étions
sept... maintenant, nous étions six...
La pièce suivante était un grand
bureau, avec des étagères, la maquette d'une ville faite en Lego et
des poupées disposées un peu partout. Terrifiant... Nous nous
sommes approchées du bureau. Une lampe, un téléphone, un réveil,
des livres, une tasse, un télégramme. Le bureau était étrangement
impeccable, pas un grain de poussière...
Une de mes amies a fouillé l'un des
tiroirs et a sorti une photo. En la regardant de plus près, nous
nous sommes rendu compte que c'était nous... dans un centre de
police ?! Nous étions toutes dessus avec ces grands uniformes
de couleur orange. Nous tenions toutes des pancartes avec nos noms
dessus... Nous avons juste reposé la photo là où elle était.
Encore sous le choc, nous sommes parties dans la pièce suivante.
Cette fois-ci, nous sommes cinq.
L'autre pièce était plus lumineuse
que les autres, un tableau pixelisé, une explication concernant le
début des histoires d'horreur, un mur plein d'écritures
illisibles... Nous ne nous y sommes pas attardées non plus... Un
craquement, des cris et nous n'étions plus que deux...
Des lettres, il y en a plein sur ce
mur, je ne comprends pas l'intérêt d'écrire une lettre si on ne
l'envoie pas après. Mais bon, passons... Mon amie et moi sommes
arrivées dans un long couloir, il faisait très sombre et il n'y
avait qu'une petite lumière bleue. Sur ce mur, il y avait des
dizaines de masques blancs... C'est comme si ils nous observaient...
nous avons tourné à gauche. Il n'y avait qu'une porte avec une
image de fantôme dessus.
Nous n'avons pas réagi, j'ai essayé
de tourner la poignée mais rien, la porte ne voulait pas s'ouvrir...
Pourquoi ne voulait-elle pas s'ouvrir ? Un craquement se fit
entendre, nous nous sommes retournées en même temps... Il y a eu
des cris pendant un moment... puis... plus rien.
Éline

En entrant dans l'exposition, mon
regard a tout de suite été attiré par un grand néon rouge :
« Même pas peur ». Il brillait dans l'obscurité et
donnant immédiatement le ton. À côté, un stand de maquillage qui
nous promettait de nous transformer en personnages effrayants, mais
je n'ai pas osé m'approcher. Un peu plus loin, un plateau de Lego
formait une image de Stranger Things, avec ses couleurs sombres et
ses détails inquiétants. Je pouvais presque entendre les
personnages. Un peu plus loin, un autre plateau qui représentait une
ville qui ne semblait pas possible, alors je me surprenais à
imaginer des histoires de fantômes entre les bâtiments miniatures.
Puis je suis tombée sur la représentation d'une salle de bain. Le
décor était macabre, du sang sur le sol et les murs. Un peu plus
loin, il y avait des cubes dans lesquels on pouvait plonger notre
main. L'idée était originale, mais toucher ces cubes était
impossible pour moi. Il y avait aussi des cubes à sons, mais c'était
décevant. On entendait à peine quelque chose, comme si le mystère
était trop faible pour me faire sursauter. Malgré cela, j'ai
continué à explorer, intriguée par chaque détail. Chaque
photographie et installation racontait sa propre histoire. Certaines
me faisaient frissonner, tandis que d'autres me faisaient sourire par
leur créativité. On passait d'une ambiance effrayante à une
ambiance mystérieuse, comme si chaque salle était un épisode
différent d'une série que je découvrais au fur et à mesure. Je me
suis alors mise à imaginer des histoires autour des objets, en
laissant mon imagination compléter ce que je voyais. En sortant,
j'avais l'impression d'avoir traversé plusieurs mondes différents,
entre peur, curiosité et amusement. Cette exposition montre que l'on
peut vivre une expérience unique, à condition de laisser libre
cours à son imagination, qui est le véritable moteur de notre
visite.

Je suis entré dans l'exposition Même
pas peur en pensant que ça allait être tranquille. Mais dès le
début, avec la frise des méchants depuis les années 1950, j'ai eu
une sensation bizarre. Comme si ce n'était pas juste une histoire...
mais quelque chose qui évoluait encore.
En avançant dans le labyrinthe, je
passais d'une époque à une autre. Les méchants deviennent de plus
en plus humains. Et c'est là que ça m'a dérangé... parce que
j'avais l'impression de moins les voir comme des simples personnages,
et plus comme des gens qui pourraient exister... À un moment, je me
suis approché d'une boîte où il fallait mettre sa main, sans voir.
J'ai hésité... puis je l'ai fait. Et j'ai senti quelque chose de
froid... et presque vivant. J'ai vite retiré ma main, j'avais
l'impression que ça m'avait « repéré ».
Plus loin, il y avait plein d'objets de
séries mélangés, comme un bazar. Mais en regardant bien, certains
objets me semblaient déplacés. Comme s'ils n'étaient pas sensés
être là. Comme si quelqu'un ou quelque chose avait ajouté des
choses qui ne venaient d'aucune série.
À un moment, je suis tombé sur un mur
où on pouvait dessiner. Au début, ça m'a détendu, donc j'ai
commencé à faire un petit dessin. Mais en reculant pour le
regarder... j'ai eu un choc. Les traits n'étaient pas exactement
comme je les avais faits. Comme si une chose irréelle avait continué
à ma place. Le pire... c'est que ça ressemblait à un visage... que
je ne reconnaissais pas...
Quand je suis sorti, tout semblait
normal. Mais depuis, je n'arrive pas à oublier ce dessin macabre. Je
me suis retourné une dernière fois. Tout avait l'air normal. Mais
j'avais une pensée étrange : et si le vrai méchant... c'était
pas dans les séries, mais dans les visiteurs ?
Auxence

Il est ainsi dire l'heure pour moi de rentrer dans ma demeure, malheureusement, un esprit de bravoure et de curiosité prit place dans mon cortex cérébral, un élément parasite, tel un ver ruisselant ses songes les plus obscurs de ses dents oblongues, dans mes idées claires. Je décidai, alors d'un pas tremblant, de franchir l'infranchissable. Mes pupilles se dilatèrent l'une après l'autre, je sentis mon corps se gonfler par le biais de l'architecture de mes artérioles, mon cœur annoncer la rupture et mes poumons la chanter. mon cortisol sanguin était en abondance, un flux qui s'intensifia dès lors que mes yeux se posèrent sur ce que j'appelle la vallée de l'étrange. Une vallée de masques blancs en contraste avec la nuit noire. Inopinément, je me perdis dans ce labyrinthe terrifiant, qui resta gravé dans l'iris de mes peurs. Après une longue traversée, entre affiche, lettre surannée, écriteaux que mes yeux peinaient à lire, je me retrouvais face à la peur de tout homme: l'inconnu. Un homme sage qui passait par là, avait perdu toute sa bonté dès lors que ses mains touchèrent l'impassable, il pleura et cria de terreur, avant de partir en courant... Je dus comme lui passer l'épreuve, mettre ma main dans l'invisible et laisser mes doigts reconnaître ce que mes yeux ne pouvaient pas distinguer, des plumes? des tripes? des viscères? des cheveux? des draps? Aucune idée... doux comme l'idylle et dur comme l'orage, mes sens s'entremêlaient pour créer la pire des synesthésies. Néanmoins, j'aurais préféré être aveugle après m'être introduit dans un lotissement étroit, mes envies pressantes m'emmenèrent aux toilettes, mais je n'y trouvais qu'une douche, qui derrière elle cachait un meurtre, du vermeil, du cramoisi, de l'écarlate, du carmin, du grenat, je ne sais! Mais c'était du sang, partout, baignant lui-même là où les mains se lavaient! En parlant de membre humain, je peux jurer qu'il y avait cela! Hors de son hôte comme un poussin perdu de sa mère, un œuf volé à ses parents... il était là, jonchant le sol, gisant d'un essor son liquide opaque, une fontaine biologique. S'en était trop, je fis machine arrière avant de tomber nez à nez sur mes peurs. Mes yeux se troublèrent, mes dents pleurèrent et mes cheveux semblaient tomber par eux-mêmes... un frimas glacial s'installait dans mon esprit, une vicieuse nostalgie qui me fit rappeler les traumatismes que mon hôte préférait oublier, je pus sentir la douleur, l'écarlate gisait de partout, dans mon esprit, sur le sol, sur mes parois. Je tremblais comme un homme peureux, mais le danger était là, des flashs me firent ruminer encore et encore, je vis un œil se décoller, une voix répéter "pas d'exception", "petit cochon", "nous !sommes Negan"... Oui! Negan! Cet homme qui a abattu dans l'une des scènes les plus morbides Glenn! Et son amie était entreposé ici-bas, dans le musée de la Terreur, un endroit funeste où plus jamais je n'y remettrai les pieds, même pour l'immortalité.
Valentin